Ahmad Kasravi naquit le 29 septembre 1890, dans une famille religieuse Azéri, à Hokmabad, un quartier  de la ville de Tabriz. Entré en 1897 à l’école élémentaire, il la quitta 5 ans plus tard en raison de la mort de son père. A seize ans il rejoignit un groupe révolutionnaire en Azerbaïdjan. A vingt ans, quatre ans après la Révolution constitutionnelle de 1906, il commença des études religieuses mais les abandonna déçu par un milieu totalement fermé aux idées libérales et à la modernité.

 

Un parcours professionnel chaotique

 

Entré en 1919 au ministère de la justice, il mécontenta sa hiérarchie en rendant des verdicts favorables aux pauvres et aux déshérités. En 1929, une sentence émise, contre l’avis du Shah en faveur d’un groupe de paysans, provoqua son renvoi. Il choisit alors d’enseigner à l’Université de Téhéran d’où il fut renvoyé en 1934 en raison de son originalité et de son refus de tout compromis.

 

Un écrivain prolifique

 

Entre 1932 et 1946, Kasravi publia une centaine d’ouvrages. Parmi ses livres les plus connus, on peut citer : Dix-huit ans d’histoire de l’Azerbaïdjan, Histoire constitutionnelle de l’Iran, Les rois oubliés, Cinq cent ans d’histoire du Khouzestan, Brève histoire du lion et de soleil, L’Azari, ancienne langue de l’Azerbaïdjan, Le Cheikh et sa tribu, Chiisme, Baha’isme, Soufisme… Il écrivit certains livres en arabe, langue qu’il enseigna. A coté de sa langue maternelle, l’Azéri turc, il maitrisait parfaitement le persan et connaissait l’anglais et l’arménien ainsi que d’anciens dialectes iraniens. Il défendait activement la thèse de l’assimilation linguistique des minorités ethniques en Iran, particulièrement des Azéris.

 

Un anticlérical convaincu

 

Fervent partisan de la démocratie, Kasravi portait un regard critique sur le clergé chiite qu’il accusait, avec d’autres factions, d’avoir dénaturé l’Islam pur et fédérateur des origines pour en faire une doctrine pesante et liberticide. Ses prises de position dans ce domaine lui valurent des haines tenaces dont celle de l’ayatollah Khomeini.

 

L’assassinat

 

Le 11 mars 1946, pendant son procès pour "calomnie envers l'Islam", Kasravi et l'un de ses assistants furent abattus dans la salle d'audience par des partisans de Navvab Safavi, extrémiste religieux chiite fondateur de l'organisation terroriste Fadayan-e Eslam (ceux qui se dévouent pour l'Islam). Ce groupe s'était déjà livré à une tentative d'assassinat sur la personne de Kasravi en avril 1945 à Téhéran. Ses assassins seront arrêtés puis rapidement libérés.

 

Une haine tenace

 

Près de 70 ans après sa mort, le clergé chiite n’a toujours pas pardonné à Ahmad Kasravi ses prises de position et continue à le calomnier de plus belle !

 

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