Cette entreprise aérienne iranienne figurait autrefois parmi les principales compagnies aériennes d’Asie. En 2022, elle se classait au troisième rang des transporteurs iraniens, derrière Iran Air et Mahan Airlines. Mais des années de mauvaise gestion et de corruption l’ont ravagée. Le 27 septembre 2025, le quotidien d’État Farhikhtegan a publié un rapport accablant révélant que la compagnie, officiellement propriétaire de 45 avions ne pouvait en faire voler que trois, 28 appareils étaient cloués au sol en raison de pièces manquantes ou de restrictions réglementaires. Les autres, dont deux Boeing 727 vieillissants étant obsolètes et hors d’usage.
Le résultat d’exploitation d’Aseman est passé de 177 millions de dollars en 2011 à seulement 46 millions de dollars en 2023, soit une baisse de 74 % après ajustement de la dépréciation monétaire. La compagnie aérienne ne parvient plus à couvrir ses dépenses quotidiennes, malgré les milliards injectés par l’État et les fonds de pension. Elle est devenue un fardeau pour le régime qui cherche à s’en débarrasser en la privatisant mais en est empêché par des contraintes réglementaires qu’il a lui-même édictées.
Acculée à la faillite, Aseman est pourtant dotée d’un énorme potentiel avec le plus grand hangar de maintenance aéronautique d’Iran, des hôtels, des terrains de grande valeur, au moins 17 à 20 avions pouvant être remis en service, huit bâtiments à Qeshm et deux terrains à Rasht et Robat Karim.
Mais une gestion catastrophique par des responsables incompétents s’est soldée par ce qu’il faut bien appeler un énorme gâchis.
