Un monarque autoproclamé
Mohammad Rezâ Pahlavi, le dernier Shah qui régna sur l’Iran, était le fils de Rezâ Khan, officier de l’armée soutenu par les forces britanniques, qui s’empara du pouvoir par un coup d’état en 1921 et se proclama Shah en 1925. Rezâ Khan démantela le système constitutionnel naissant de l’Iran et transforma l’Etat en une autocratie centralisée. Dès son accession au trône, toutes les libertés acquises lors de la Révolution constitutionnelle s’envolèrent.

Il confisqua environ 44 000 titres de propriété en l’espace de 10 ans et s’appropria quantité de terres fertiles au nord du pays. Lorsqu’il quitta l’Iran en 1941, il possédait 68 millions de tomans et détenait plus d’un million et demie d’hectares de terres, ce qui faisait de lui le plus grand propriétaire foncier du pays.
En fermant les journaux indépendants et en instaurant un climat de peur parmi les députés, il transforma le Parlement en une institution purement cérémoniale.
Ses troupes noyèrent dans le sang plusieurs révoltes locales et assassinèrent de nombreux opposants Dans les années 1930, Rézâ Shah s’allia à l’Allemagne hitlérienne et permit aux nazis d’opérer librement en Iran. Il adopta les théories raciales nazies qualifiant l’Iran de « terre des Ariens ». Cette situation inquiéta les puissances alliées et conduisit à l’invasion britannique et soviétique de 1941 qui le força à abdiquer en faveur de son fils Mohammad Rezâ. Exilé en Afrique du Sud, il y mourut en 1944, riche de 360 millions de dollars.
Tel père, tel fils.
Après l’exil de Rézâ Shah, Mohammad Rézâ Palhavi monta sur le trône avec le soutien des forces alliées. La cour, affaiblie par la seconde guerre mondiale, dut tolérer une vague de partis, de syndicats et un parlement élu. Cette atmosphère permit la formation du seul gouvernement véritablement populaire de l’Iran dirigé par

le Dr Mohammad Mossadegh qui nationalisa l’industrie pétrolière en 1981. En 1957, le Shah créa la SAVAK, une police secrète redoutée. Les organisations internationales de défense des droits de l’homme condamnèrent à plusieurs reprises cette institution. Les personnes arrêtées étaient souvent détenues sans procès dans des prisons secrètes.
En 1975, le Shah dissout tous les partis politiques et ordonna aux citoyens de tous adhérer au Pati Rastakhiz sous peine de licenciement, d’exil ou d’emprisonnement.
Sous son règne, la liberté d’expression et de réunion n’existait pratiquement pas. Les journaux, les livres, les pièces de théâtre et les films étaient censurés. Les intellectuels, les écrivains, les religieux et les militants étudiants étaient arrêtés ou « disparaissaient »
Un bilan humain épouvantable
Un rapport annuel d’Amnesty International (1974—1975) indique qu’en 1975 le nombre total de prisonniers politique a fluctué entre 25 000 et 100 000 personnes.



Une mégalomanie impressionnante
Afin d’exhiber la splendeur royale le Shah dépensa environ 100 millions de dollars pour une fête de trois jours à Persépolis.


